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[ Le talent et la sensibilité au service de la musique …]

Avec un nom pareil, que pouvait-il lui arriver de pire que de se faire Un Nom ?

La bonne fée qui s’est penchée sur le berceau du petit Sylvère n’a pas pris grand risque en le dotant d’un amour immodéré pour la musique.
D’accord, il a fait l’économie d’un pseudo, mais maintenant, il va le prouver !
Breton, né en 1963 dans la région de Lorient, Sylvère découvre le piano à sept ans. Il s’engage alors dans une formation classique qu’il ne peut plus renier ; il structure ses connaissances et conquiert un doigté et une belle légèreté au clavier.
A quinze ans, Sylvère se jette dans l’arène. Il compose et arrange des musiques irlandaises et moyenâgeuses pour ses copains.
Il fait ses premières scènes. Le virus s’installe insidieusement.
Le jeune artiste entre alors chez un luthier pour y gagner ses premiers salaires d’accordeur.

« Sylvère Morisson, esprit derrière les machines, est l’un des plus impressionnants metteurs en son de France » Bruno LESPRIT - Le Monde - Janvier 2002.
 
De récitals en studios d’enregistrement, il devient rapidement « l’arrangeur » que l’on s’arrache. Il collabore ainsi aux derniers albums du «Celticisme » Alan Stivell qu’il accompagne au clavier et à la guitare acoustique. Le barde l’entraîne dans une grande tournée européenne suivie de deux saisons américaines Outre-Atlantique. Il y acquiert cette virtuosité qui rassure et entraîne les musiciens qui l’entourent.
C’est vers la trentaine que Sylvère rencontre Michel Tonnerre à Lorient. Il assure la direction artistique de ses trois derniers albums.
 
L’épisode Kohann: La notoriété
 
La notoriété viendra avec la création du groupe Kohann en 1999 et sans doute de la fusion des trois artistes qui signent avec Warner Music France un premier album « Mil Bed ».
Plus de vingt mille exemplaires vendus. Un succès public encensé par les medias. Une alchimie réussie entre une chanteuse aux accents insolites, Michèle Gaurin, un guitariste inspiré, David Bellec, et la mise en musique créative d’un machiniste intrigant, Sylvère Morisson. L’un crée « la chaleur organique » du disque, l’autre les « claviers endoloris, les riffs épileptiques de guitares et boucles technoïdes d’ordinateurs à l’agonie » comme le déclame BAYON dans Libération.
Le trio « Kohann » durera trois ans et livrera 150 concerts qui resteront gravés dans les mémoires : Les Francofolies de Montréal, le Festival de Tokyo, le Batofar et le Casino de Paris, le Festival de Saint Nolff avec Noir Désir….
 
Le 8 Octobre 2005 - Premier album Solo : « Comment te le dire »
 
De ce voyage au pays du « show-biz », Sylvère retire une expérience de la scène et de la production discographique qu’il rêve de mettre au service d’un projet personnel.
Quelques rides plus tard, et une vie privée écorchée par quelques amours déçus, Sylvère livre une production teintée d’humour, de tendresse et d’une grande légèreté.
L’homme n’a pas changé, silhouette efflanquée de rocker noctambule. Toujours la même décontraction sur scène, la même complicité avec les instruments, la même virtuosité dans les chorus…. Mais l’artiste, lui, a évolué et bien assimilé ses diverses expériences musicales.
Ses mélodies sonnent justes et sont d’une simplicité efficace. Aboutissement, on le sait bien, d’une grande expertise. Tantôt un rythme bossa, une ballade amoureuse, un reggae, chaque instrument apporte une touche d’émotion ou ponctue ses onomatopées… une symbiose qui n’est pas sans évoquer l’ironie de Bobby la Pointe ou la fantaisie d’un Souchon. L’auteur aime jouer avec les mots et leur sonorité : « Je suis l’esthète qui se prend pour la vedette, le schizophrène que plus rien ne freine », le musicien se joue de l’écrivain.
D’ailleurs, Sylvère ne se prend pas au sérieux. Trop pudique pour étaler ses états d’âme, il pratique l’autodérision. Un brin de philosophie et de sagesse écologique. Un hymne à la tolérance (le petit jardin). Quelques conseils à l’usage des petites innocentes manipulées par les méchants loups du Show Business… « Pas grand chose dans la tête, tout dans la jupette »… En fait, derrière cet arsenal de rimes et de pirouettes verbales, se cache un artiste mal à l’aise dans ce monde exhibitionniste : Un vrai timide qui adore butiner sur scène.
 
Un homme sensible qui ne sait peut-être pas « Comment te le dire »,
mais qui le dit vachement bien !

 
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